La zone de Jarry, à Baie-Mahault, concentre sur quelques kilomètres carrés l'essentiel de la logistique de la Guadeloupe : import, stockage, distribution, ateliers. Une richesse au mètre carré qui ne passe pas inaperçue. Les entrepôts qui nous consultent arrivent souvent après un incident, vol de marchandises, intrusion, camion visité sur le parking. Et presque toujours, l'audit retrouve les mêmes trois failles.
Faille n°1 : le flux entrant n'est pas contrôlé
En journée, un entrepôt vit portes ouvertes : chauffeurs, transitaires, clients, intérimaires. Quand personne n'est chargé d'identifier qui entre sur le site, n'importe qui peut circuler dans les travées avec un gilet jaune et un air occupé. Les vols en journée, qui représentent une part que l'on sous-estime, ne sont pas des effractions : ce sont des sorties de marchandise par la grande porte. Un poste de garde à l'entrée, avec registre des véhicules et contrôle des bons de sortie, ferme cette porte-là.
Le contrôle des bons de sortie est le point que les exploitants acceptent le moins volontiers, parce qu'il ralentit. C'est vrai, il ralentit, de quelques minutes par rotation. C'est aussi la seule mesure qui traite le scénario le plus courant en logistique : une palette de plus sur un camion dont tout le reste est parfaitement en règle.
Le sujet dont personne ne veut parler
Dans la logistique, une part des pertes implique quelqu'un qui connaît le site. Ce n'est pas une accusation portée contre les équipes, c'est une caractéristique du métier : la valeur est dense, les flux sont nombreux, et il faut savoir où regarder pour prélever sans que cela se voie tout de suite. Un site où les écarts se concentrent sur certaines références, certains créneaux ou certains transporteurs raconte quelque chose.
Le traitement n'est jamais la surveillance des salariés, qui est encadrée et souvent contre-productive. Il passe par des mesures neutres qui valent pour tout le monde : séparation des tâches entre celui qui prépare et celui qui contrôle la sortie, rotation des affectations sur les zones sensibles, inventaires tournants inopinés plutôt qu'un inventaire annuel annoncé. Un agent en poste à la sortie protège d'ailleurs les salariés autant que le stock, en rendant les soupçons inutiles.
Faille n°2 : la nuit repose sur la seule alarme
Une alarme sans intervention derrière est une notification. Entre le déclenchement et l'arrivée de quelqu'un, il se passe ce qu'il se passe. Pour les sites sensibles, la combinaison qui fonctionne à Jarry est connue : détection périmétrique, levée de doute par un agent, et pour les plus exposés des rondes cynophiles à horaires irréguliers. Le chien change réellement la donne sur les grandes surfaces de stockage : il détecte ce qu'un agent seul ne peut pas voir entre les racks.
C'est aussi la limite des caméras dans ce type de bâtiment. Un entrepôt de racks est un labyrinthe de couloirs étroits : couvrir chaque allée demanderait un nombre de caméras déraisonnable, et personne ne regarde les images en direct à 3 h du matin. La vidéo sert à comprendre après coup, le binôme sert à empêcher.
Les camions en attente, angle mort du parking
À Jarry, beaucoup de remorques passent la nuit sur un parking, chargées, en attente de créneau. Elles concentrent une valeur considérable derrière une simple porte à plombs, souvent hors du périmètre alarmé du bâtiment. C'est la cible la plus accessible d'un site logistique, et celle que les dispositifs oublient le plus souvent, parce que la sécurité a été pensée pour le bâtiment.
Les correctifs sont simples quand on y pense avant : positionner les remorques chargées portes contre mur ou dos à dos, les regrouper dans une zone éclairée et visible depuis le poste de garde, et intégrer explicitement le parking au parcours de ronde plutôt que de s'arrêter au quai.
Faille n°3 : le week-end prolongé
Du vendredi 16 h au lundi 6 h, beaucoup d'entrepôts restent 62 heures sans passage. C'est la fenêtre préférée des équipes organisées, qui ont le temps de travailler une clôture ou un rideau métallique. Deux rondes le samedi et deux le dimanche, à horaires variables, suffisent à casser cette tranquillité : une intrusion qui demande du temps ne s'installe pas sur un site où quelqu'un peut passer.
Le dimensionnement exact dépend du stock, de la configuration et de l'historique du site. Nous commençons systématiquement par une visite, gratuite pour les entreprises de la zone, avant tout devis.

